La Chance aux concours évolue… Interview de Renaud Honoré et David Allais
Interview de Renaud Honoré et David Allais
« Nous voulons pérenniser la Chance aux concours »
Lancée il y a quatre ans par plusieurs jeunes journalistes sortis du CFJ, la Chance aux concours a décidé de créer sa propre association. Deux de ses fondateurs, Renaud Honoré et David Allais nous en expliquent les raisons.
Pourquoi créer une nouvelle association ?
Renaud Honoré : Nous avons fait deux constats. Tout d’abord, nous commençons à être dépassés par le succès de l’opération Chance aux concours. L’hiver dernier, lors du recrutement de la 4ème promotion, nous avons dû gérer 120 candidatures, un travail très lourd pour une petite équipe de bénévoles. Nous réfléchissons aussi à l’avenir, à celles et ceux qui, un jour, vont nous succéder. Le passage de témoin est toujours un moment délicat pour une association. Il nous est donc apparu évident qu’il fallait mieux professionnaliser notre structure, embaucher un salarié qui puisse consacrer une partie de son temps à la Chance aux concours. Nous devons donc trouver des fonds pour créer ce poste.
David Allais : Ce que nous souhaitons avant tout, c’est pérenniser le dispositif Chance aux concours et le renforcer. Notre objectif est d’offrir à nos étudiants les meilleures chances et les meilleures conditions pour passer les concours. Aujourd’hui, les ressources bénévoles, si elles sont essentielles au bon déroulement de la Chance aux concours, ne sont plus suffisantes pour garantir la continuité de l’initiative et permettre son développement.
Vous ne pouviez pas créer cette structure au sein de l’association ?
Renaud Honoré : C’était compliqué. Une association d’anciens élèves a une vocation trop large. Le projet de la Chance aux concours n’aurait pas été suffisamment identifié par les fondations ou les bailleurs publics.
David Allais : Sur le plan financier, deux raisons nous ont poussé à faire ce choix. L’objectif de notre association est très précis et clairement indiqué dans nos statuts : concourir à plus de diversité dans les médias. Pour un donateur potentiel, il est plus facile de discuter face à une association qui a un but unique et bien défini.
D’autre part, une association d’intérêt général comme la nôtre peut bénéficier d’un régime fiscal avantageux pour les donateurs, ce qui n’est pas possible dans le cas d’une association d’intérêt privé comme celle des anciens CFJ.
Il y a tout de même un risque de confusion entre nos deux associations ?
Renaud Honoré : Ce que nous voulons avant tout, c’est trouver de l’argent, pas de prendre notre indépendance par rapport aux anciens CFJ. La Chance aux concours ne peut fonctionner que grâce au bénévolat des anciens du CFJ et à son réseau. Nous sommes un complément de l’association des anciens. Nos statuts ont d’ailleurs été établis dans ce but. De droit, un membre du comité des anciens figure au conseil d’administration de la Chance aux concours. Les autres membres seront élus par les adhérents lors d’une AG.
Tous les fondateurs de La Chance aux concours sont des anciens du CFJ. Plusieurs siègent au comité. Il n’est pas question de couper les ponts. Nous sommes plutôt dans une démarche de continuité.
Quel sera le rôle du salarié ?
Renaud Honoré : Il devra prendre en charge tout le travail administratif (recrutement, planification des programmes, communication auprès des étudiants), mais aussi une partie du programme pédagogique.
A l’avenir, nous envisageons de monter des structures en province et dans les Dom-Tom. Guillaume Kempf (membre du comité) vient de partir pour la Réunion. Il pourrait y créer une structure identique à la Chance aux concours. Si nos ressources le permettent, nous pourrions aussi financer une partie de frais de concours : nous préparons des élèves qui parfois ne peuvent pas passer tous les concours qu’ils désirent par manque d’argent, c’est assez rageant.
Quel est votre calendrier ?
Renaud Honoré : L’association a été créée en avril. Nous avons déjà commencé à démarcher des fondations, des institutions publiques. Nous constituons actuellement des dossiers. Ce projet va nous prendre toute l’année 2010, voire début 2011. C’est un travail de longue haleine.
Quel bilan tirez-vous de cette 4ème promotion ?
David Allais : Nos 18 élèves étaient dynamiques et motivés. Il est encore un peu tôt pour faire un bilan des résultats. Certains sont admissibles au CFJ, l’ESJ, l’IPJ, Science po ou encore le Cuej. Mais tous les élèves n’intègrent pas forcément une école au premier essai. On les prépare à passer les concours de l’année. Cela ne les empêche pas d’en repasser l’année suivante voire deux ans plus tard.
Durant ce temps, nous restons à leurs côtés pour les soutenir, leur faire passer des oraux blancs. La chance aux concours les aide à préparer des concours, mais aussi à se constituer un premier réseau au sein des métiers du journalisme.
Propos recueillis par Olivier Sourice (78)





si, si, la CAC accepte les étudiants de province; quelques anciens des dernières promos habitaient hors de l'Ile-de-France; le souci est surtout pratique : les cours ont lieu le samedi sur Paris, chaque semaine, et des travaux journalistiques (reportages, interviews...) sont demandés entre les cours, il y a aussi des cours d'anglais et des visites de rédaction (souvent dans Paris); habiter loin de Paris et suivre la formation demande donc une très grosse volonté et une grande disponibilité; car sinon comment suivre les cours ? Nous serions heureux que notre initiative soit reprise en province. L'ESJ-Bondy a aussi créé une préparation, dont les premiers résultats semblent très prometteurs.
cordialement
Victor, de l'association Chance aux concours
Notre association a des moyens limités. Les cours ayant lieu à Paris tous les samedis et le soir en semaine, les étudiants qui ne logent pas en Ile de France ne peuvent pas les suivre dans de bonnes conditions. De plus, nous ne pouvons pas exiger d'un boursier qu'il paye plusieurs fois par semaine les transports pour venir à Paris. Les personnes qui ont les moyens de faire cela peuvent tout aussi bien garder cet argent pour effectuer une préparation privée.
Nous avons bien conscience de l'inégalité de fait créée par cette situation, aussi nous souhaitons soutenir la création de nouvelles antennes de la Chance aux concours. L'évolution de notre structure devrait permettre de s'attaquer très sérieusement à ce chantier.
Bonne chance dans vos projets,
David Allais
Coordinateur de la Chance aux concours
Je voudrais savoir si pour s'y inscrire il faut suivre des études spécifiques ( droit, économie, histoire ) ou on peut postuler avec n'importe quel cursus ?
Merci.
CAC