Le CFJ et après. Enquête auprès des promotions 2000-2005


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Publié le mardi 27 juin 2006 par Olivier Sourice dans la catégorie Nouvelles des anciens
A l'automne 2005, l'association a adressé un questionnaire aux anciens du CFJ des promotions 2000 à 2005 sur le thème : le CFJ et après. Une telle enquête avait déjà été menée en novembre 2002 auprès des promotions 1997/2001(*) . Cette fois, 153 réponses ont été reçues sur un total de 247. Même si ce taux de réponse est satisfaisant, le résultat pourrait être différent si tout le monde avait répondu, notamment les journalistes en CDI. En voici le bilan.

Synthèse réalisée par Clarisse Feletin, Sabine de Jacquelot, Raphaëlle Leyris et François Cardinali


A/ LES CHIFFRES

1/ Carte de presse

74 % des étudiants la possèdent. 26% ne l'ont pas ou plus.

2/ CDD, CDI ou autres

La précarité est forte si l'on s'en tient à un chiffre : 25 % sont inscrits à l'ANPE.
Les contrats dans le détail :
42 % sont en CDI
52 % en CDD
4% sont pigistes
1% en CNE
1 % sont intermittents du spectacle

3/ Quels métiers en presse écrite ?

Globalement, les diplômés des cinq dernières années ont plus été embauchés à Paris et sa région, dans la presse nationale et mensuelle que dans la presse régionale. Et seulement 2 % travaillent dans les gratuits.

Presse quotidienne régionale (PQR) : 10 %
Presse quotidienne nationale (PQN) : 29 %
Presse hebdomadaire nationale : 22 %
Presse hebdomadaire nationale et régionale : 4 %
Presse mensuelle : 16 %
PQR et PQN : 4 %
PQN et presse hebdo nationale : 2%
Presse mensuelle et presse hebdo nationale : 4 %
Gratuit : 2 %
Autres : 7 %

4/ Presse écrite, agence, audiovisuel ou Internet ?

Indéniablement, on sent que, après le crise de l'an 2000, les métiers de l'Internet recommencent à offrir des débouchés.
34 % sont en presse écrite

27 % en télé
17 % en agence
15 % en radio
7 % sur Internet

Autre information significative : à 88 %, cette orientation professionnelle correspond - ce qui semble positif- à la spécialisation effectuée au CFJ.

5/ Radio
57 % sont reporters
13 % sont présentateurs
30 % sont reporters et présentateurs


6/ Télévision
90 % travaillent dans les chaînes de télé
8 % dans les agences de presse et les sociétés de production
3 % sont à cheval sur les deux

54 % sont rédacteurs
41 % sont JRI
5 % sont polyvalents

7/ Autres

9 % sont dans d'autres secteurs (communication, pub, éditions…).

8/ Revenus

58 % gagnent entre 1 200 et 2 500 euros (mensuel brut)
26 % gagnent plus de 2 500 euros
16 % gagnent moins de 1 200 euros

9/ Revenus complémentaires

78 % répondent pas la négative.

10/ Degré de satisfaction

Indéniablement, on note un fort degré d'insatisfaction concernant les salaires.
- Concernant le salaire : 59 % sont satisfaits, 10 % très satisfaits et 26 % sont insatisfaits.
- Concernant l'intérêt du travail : 56% sont satisfaits, 24 très satisfaits et 18 % sont insatisfaits.
- Concernant la charge de travail : 69 % sont satisfaits, 11 % sont très satisfaits et 15 % sont insatisfaits.

11/ Si c'était à refaire ?

- 85 % referaient le CFJ, quand 7 % ne le referaient pas

- 65 % pensent que le CFJ les a suffisamment préparés aux métiers du journalisme
et 17 % pensent le contraire.

B/ LES COMMENTAIRES

Comme on vient de le voir, l'immense majorité des anciens qui ont répondu déclarent qu'ils referaient le CFJ, signe de leur satisfaction à l'égard de leur école. Néanmoins, la question posée ci-dessous a entraîné des commentaires critiques, voire très critiques. Morceaux choisis :

1- Estimez-vous que le CFJ vous a suffisamment préparé(e) au métier de journaliste ?

- " En tant que méditerranéen, j'ai été mal à l'aise par rapport à un parisianisme affiché, dont le pendant est une ignorance assez crasse de l'univers extérieur au périphérique. "
(promo 2001 - presse écrite)

- " Beaucoup de mouture, beaucoup de dépêches et très peu d'enquêtes. Très peu de retour critique des formateurs. En définitive, j'ai l'impression d'avoir beaucoup été " auto-formé. " (promo 2002 - pigiste en presse écrite)

- " On nous a plus préparé à devenir rédacteur en chef que pigiste. Aucun cours n'a été donné sur comment vendre un sujet, comment se constituer un réseau… bref, tout ce qui constitue l'essentiel de l'activité du journaliste. C'est dommage pour une école professionnelle. " (promo 2002 - pigiste en presse écrite et agence)

- " La différence entre des journalistes issus d'écoles reconnues et d'autres… cette différence, je la ressens. Contrairement à ce que d'aucuns prétendent, on ne forme pas au CFJ que des
techniciens de l'information. On acquiert une conscience. "
(promo 2003 - radio)

- "Je regrette d'être tombé au mauvais moment : je fais partie de la promotion " sacrifiée " de 2004. Nous étions six à ne pas avoir au moins droit à un CDD de sortie."
(promo 2004 - presse écrite)

2- Quel regard portez-vous aujourd'hui sur ce métier par rapport à vos attentes lorsque vous êtes entré(e) au CFJ ?

- "Je pensais quand même que le droit du travail et la parole étaient tenus. J'ai été déçue." (promo 2001 - télévision)

- "Trop de connivences entre journalistes et institutions, pouvoirs (financiers, politiques, etc.), trop de suivisme, peu de temps et d'espace pour vérifier les informations, faire de l'enquête, être créatif… Bref, trop de conformisme !"
(promo 2001 - télévision)

- "C'est une profession à deux vitesses. Je me sens souvent en décalage complet par rapport aux CDIsés des rédactions, surtout ceux qui sont plus âgés et n'ont pas connu la "crise.". J'ai l'impression qu'ils ne se rendent compte de rien ou qu'ils s'en foutent joyeusement."
(promo 2001 - presse écrite)

- "J'ai plutôt mal vécu la culture d'entreprise unilatérale telle qu'elle est transmise au CFJ. En comparaison, j'ai donc été franchement rassurée de découvrir le travail dans la presse et d'y trouver ma place sans aucune douleur, ce qui n'allait pas de soi au CFJ."
(promo 2002 - presse écrite)

- "La précarisation est un système tellement pernicieux qu'il contamine la façon de voir les choses. On en arrive à être heureux d'avoir un CDD de deux semaines alors qu'avec un bac + 7, on aurait pu s'attendre à mieux."
(promo 2003 - pigiste presse écrite)


C/ DES PISTES A EXPLOITER

Cette deuxième étude pose un certain nombre de questions qui mériteraient d'alimenter un débat sur la profession, et au CFJ notamment. C'est à dire :

- Ce sont les générations précaires. On sent un clivage net entre ceux qui subissent de plein fouet la multiplication des CDD, parfois (souvent ?) accompagnée d'abus.

- Malgré un sentiment global de satisfaction à l'égard du CFJ, nombreux sont ceux qui estiment que l'école ne prépare pas bien aux nouvelles donnes du marché. Et donc, il y a une demande de formation -ou du moins d'informations- sur la vie de pigiste, les contrats de travail, la gestion d'un carnet d'adresses… Visiblement, les promotions ressentent un vrai manque à ce niveau dans le cursus actuel.

- Internet apparaît comme un nouveau gisement d'emploi à exploiter que ce soit la gestion de sites ou aujourd'hui, les blogs.


(*)Synthèse parue dans Notre Journal n°59 d'avril 2003 et évoquée dans la newsletter n°31 du 25 mars 2003 puis témoignages dans les news n°32 et 33.) En détail sur le site www.ancienscfj.com/news-art2.html




3 commentaire(s)

dimanche 10 juin 2007 11:02 par
J'ai 14ans et je suis journaliste amateur depuis quelques années déjà. J'ai eu la chance de rencontrer des élèves (qui ne le sont plus maintenant) et anciens élèves reconnus par la professions (chez TF1 nottament). Et je me posait de nombreuses questions sur l'activité et le salaire des sortant car on ne peut pas dire que (je prend l'exemple des télés) l'on voit des reportages d'eux tous les jours. Cette étude me rassure et m'éclaire beaucoup. Je regrette quand même qu'il n'y a pas eu plus de retour des questionnaires.
En espérant pouvoir moi aussi faire mes études supérieures dans ce centre prestigieux.

lundi 27 août 2007 00:01 par
J'ai fréquenté cette maison qui demeure avant tout une école de référence et j'en garde un bon souvenir. Les écueils existent dans toutes les professions. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire dit Rodrigue dans le Cid de Corneille

lundi 27 août 2007 00:03 par
J'ai fréquenté cette maison qui demeure avant tout une école de référence et j'en garde un bon souvenir. Les écueils existent dans toutes les professions. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire dit Rodrigue dans le Cid de Corneille

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