Marc Garmirian (92) vous remercie
Publié le vendredi 9 novembre 2007 par Laurent MIMOUNI dans la catégorie Nouvelles des anciens
Salut à vous du libéré d'Abéché,
Je commence à reprendre mes esprits en regardant la pluie tomber sur les sapins des Vosges. Je tiens à vous adresser un énorme merci et mille bises à tous. Je recolle progressivement les morceaux du puzzle en essayant de comprendre, à travers ce qu'on me raconte et dans la presse, ce qui s'est passé pendant que je comptais les araignées au plafond du commissariat d'Abéché.
Je remercie du fond du coeur les directeurs du CFJ, Laurent Passicousset et Michel Leroy, pour vous être mobilisés aussi vite en accueillant le comité de soutien au sein du CFJ, je remercie également Clarisse Feletin et Olivier Sourice pour avoir lancé la pétition demandant ma libération et tous les anciens du CFJ et actuels étudiants qui ont soutenu le comité de soutien.
J'ai commencé à lire les messages de soutien sur le blog et ce qui est passé par le comité de soutien. J'ai retrouvé avec émotion des personnes perdues de vue depuis des années mais à qui je pense encore souvent : un journaliste, par exemple, Yves Garric, France 3 à Toulouse, avec qui j'ai fait équipe pendant 6 mois à Rodez en 1993. Cest une des personnes qui m'a le plus appris sur le métier de journaliste et sur son aspect humain. J'en profite pour dire que le boulot, c'est le même à Rodez ou à Abéché.
Ce qui m'est arrivé aurait pu arriver à n'importe quel journaliste. Je ne le souhaite à aucun d'entre nous. Ma position de témoin indépendant n'a pas été comprise par les Tchadiens, ce que je peux comprendre vu l'ampleur de la réaction là-bas. Plus ennuyeux, j'ai eu droit ici en compagnie d'Hervé Chabalier à des questions de journalistes comme "Pourquoi ne pas les avoir dénoncés ? Vous êtes un peu leur complice ?", venant parfois de confrères journalistes. A l'heure où il est de plus en plus difficile de garder notre indépendance vis à vis des pouvoirs de toutes sortes, politiques, économiques, etc, il me semble essentiel de rappeler quelle est notre fonction et l'importance d'une information libre et indépendante. Si j'avais cessé de filmer l'équipe de
l'Arche de Zoé, personne n'aurait pu voir comment ils avaient réellement travaillé.
Entre deux parties de scrabble (bricolé en carton) à Abéché, j'ai eu vent de ce qui se montait à Paris pour me soutenir et cela m'a aidé à tenir. Les conditions de détention ont été largement au-dessus des "normes locales", Mais, malgré tout, pour le moral, vous avez tous été pour moi une branche à laquelle me raccrocher.
Merci encore à chacun d'entre vous.
Marc Garmirian
Je commence à reprendre mes esprits en regardant la pluie tomber sur les sapins des Vosges. Je tiens à vous adresser un énorme merci et mille bises à tous. Je recolle progressivement les morceaux du puzzle en essayant de comprendre, à travers ce qu'on me raconte et dans la presse, ce qui s'est passé pendant que je comptais les araignées au plafond du commissariat d'Abéché.
Je remercie du fond du coeur les directeurs du CFJ, Laurent Passicousset et Michel Leroy, pour vous être mobilisés aussi vite en accueillant le comité de soutien au sein du CFJ, je remercie également Clarisse Feletin et Olivier Sourice pour avoir lancé la pétition demandant ma libération et tous les anciens du CFJ et actuels étudiants qui ont soutenu le comité de soutien.
J'ai commencé à lire les messages de soutien sur le blog et ce qui est passé par le comité de soutien. J'ai retrouvé avec émotion des personnes perdues de vue depuis des années mais à qui je pense encore souvent : un journaliste, par exemple, Yves Garric, France 3 à Toulouse, avec qui j'ai fait équipe pendant 6 mois à Rodez en 1993. Cest une des personnes qui m'a le plus appris sur le métier de journaliste et sur son aspect humain. J'en profite pour dire que le boulot, c'est le même à Rodez ou à Abéché.
Ce qui m'est arrivé aurait pu arriver à n'importe quel journaliste. Je ne le souhaite à aucun d'entre nous. Ma position de témoin indépendant n'a pas été comprise par les Tchadiens, ce que je peux comprendre vu l'ampleur de la réaction là-bas. Plus ennuyeux, j'ai eu droit ici en compagnie d'Hervé Chabalier à des questions de journalistes comme "Pourquoi ne pas les avoir dénoncés ? Vous êtes un peu leur complice ?", venant parfois de confrères journalistes. A l'heure où il est de plus en plus difficile de garder notre indépendance vis à vis des pouvoirs de toutes sortes, politiques, économiques, etc, il me semble essentiel de rappeler quelle est notre fonction et l'importance d'une information libre et indépendante. Si j'avais cessé de filmer l'équipe de
l'Arche de Zoé, personne n'aurait pu voir comment ils avaient réellement travaillé.
Entre deux parties de scrabble (bricolé en carton) à Abéché, j'ai eu vent de ce qui se montait à Paris pour me soutenir et cela m'a aidé à tenir. Les conditions de détention ont été largement au-dessus des "normes locales", Mais, malgré tout, pour le moral, vous avez tous été pour moi une branche à laquelle me raccrocher.
Merci encore à chacun d'entre vous.
Marc Garmirian

